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La relation aux ancêtres et aux esprits des défunts a repris depuis plusieurs années en thérapie une importance grandissante, proche de celle qu’elle a dans une société
traditionnelle. Interroger la persistance des défunts , réfléchir sur la pérennité du lien,
transformer la notion de deuil, sont des enjeux de cette réappropriation.
Pourtant , justement parce que cette démarche a des effets puissants, il semble nécessaire de se souvenir que dans une culture traditionnelle la relation aux morts est soumise à des lois et à des rituels, car les vivants savent que leurs morts sont aussi une
menace potentielle.. Ne plus nier la présence d’un invisible agissant est fondamental et génère une nouvelle énergie, mais cette ouverture doit se faire en conscience sous peine de libérer une force archaïque, non transformée, et dangereuse. L’évolution de l’être, y compris dans cette dimension réenvisagée de l’invisible, doit obéir à un processus soumis
à un cadre, faute de quoi la puissance libérée peut aussi devenir le pire des enfermements.
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